Tes silences
Tu te terres
Dans la monotonie et la chaleur de l’instant
Tu te tais
Tu restes muet
Devant la singulière étrangeté
Des êtres
Tu n’as pourtant ni idole ni maître
Rien ne t’apparais plus insupportable
Que de te savoir vivant
Sans désir apparent
Tes soupirs d’insomnie
Engendre l’oubli
Comme tes petites saouleries
Et tu restes là
À compter les jours
Avant le printemps
À te reverser
Quelques flacons
D’alcool à fiction
En rêvant d’abandon
Tu te tais tu restes muet
Tu t’imagines souvent
En train d’hurler
Ce cri libérateur
Mais l’idée de l’autre
Te retiens
L’autre et ses regards scrutateurs
L’autre en face de toi
Tu te tais et tu te terres
Tu te terres et tu te tais
Mais ô combien de fois
Tu te réveilles la nuit
Avec ce même refrain en tête
M’entends-tu ?
M’entends-tu ?
M’entends-tu ?
© 2008 Christine Comeau