Tes silences  

Tu te terres
Dans la monotonie et la chaleur de l’instant

Tu te tais
Tu restes muet

Devant la singulière étrangeté
Des êtres

Tu n’as pourtant ni idole ni maître

Rien ne t’apparais plus insupportable
Que de te savoir vivant
Sans désir apparent

Tes soupirs d’insomnie
Engendre l’oubli
Comme tes petites saouleries

Et tu restes là
À compter les jours
Avant le printemps

À te reverser
Quelques flacons
D’alcool à fiction

En rêvant d’abandon

Tu te tais tu restes muet

Tu t’imagines souvent
En train d’hurler
Ce cri libérateur
Mais l’idée de l’autre
Te retiens
L’autre et ses regards scrutateurs
L’autre en face de toi

Tu te tais et tu te terres
Tu te terres et tu te tais

Mais ô combien de fois
Tu te réveilles la nuit
Avec ce même refrain en tête

M’entends-tu ?
M’entends-tu ?
M’entends-tu ?

 

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